Au sommaire :
1- ONU : Sergueï Lavrov à New York
La Russie assurant la présidence tournante du Conseil de sécurité de l'ONU, le chef de la diplomatie russe s'est rendu à New York pour présider l'une de ses réunions. Les visas à la délégation russe ont été délivrés par Washington quasiment au dernier moment. Aucun journaliste russe n'a été autorisé à venir.
Le ministre russe des Affaires étrangères est arrivé à New York pour présider mardi une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, a annoncé ce lundi la porte-parole du ministère Maria Zakharova.
Ce lundi, Sergueï Lavrov participera également à l'un des événements clés de la présidence russe du Conseil de sécurité, à savoir les débats ouverts sur la protection des principes de la Charte de l'ONU. Mardi, ces débats seront consacrés aux problèmes du Proche-Orient. Le ministre russe devrait aussi rencontrer le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres.
La presse russe bannie
Si Sergueï Lavrov a pu se rendre à New York, les journalistes russes se sont vu refuser cette chance. Les États-Unis ne leur ont pas octroyé de visas.
Le ministre a qualifié cette démarche de stupide et a promis que Moscou répondrait à cela. Ce n'est qu'à la fin de la semaine dernière que les États-Unis ont commencé à délivrer des visas à la délégation russe.
Mercredi dernier, M.Lavrov a accusé Washington d'abuser grossièrement de la position de pays hôte du quartier général de l'ONU. Selon lui, tous les diplomates russes n'ont pas reçu leurs visas.
La partie russe se heurte depuis des années à des complications liées à l'obtention de visas, en premier lieu américains, dans le cadre de ses activités au sein des organes de l'ONU.
Fin mars, le premier adjoint au représentant permanent de la Russie auprès des Nations unies Dimitri Polianski a déclaré que Moscou espérait lancer une procédure d'arbitrage contre les États-Unis pour résoudre ce problème.
Source : Sputnik
2- Le Zimbabwe songe à une monnaie numérique adossée sur l’or
En difficulté avec sa devise depuis des années, le Zimbabwe souhaite créer une monnaie numérique basée sur l’or pour stabiliser son économie.
Le Zimbabwe prend le train des actifs numériques. La Banque de réserve du Zimbabwe (RBZ) se prépare en effet à lancer une monnaie numérique adossée sur l’or, rapporte le Sunday Mail.
Cette devise pourra être échangée légalement contre des dollars zimbabwéens, pour se protéger contre la volatilité des taux de change. La saison de commercialisation du tabac, ouverte en mars, a en effet entraîné des attentes sur l’arrivée de devises étrangères. Les taux de change s’envolent, alors que beaucoup cherchent à échanger leur dollar zimbabwéen contre des monnaies étrangères, ce qui fragilise la devise nationale.
Pour sécuriser les investissements et l’épargne, le gouvernement émet donc des pièces d’or, les fameuses Mosi-oa-Tunya. Une alternative numérique sera désormais aussi disponible, pour protéger les plus modestes et ne laisser « personne derrière », comme l’explique au Sunday Mail John Mangudya, gouverneur de la RBZ.
Des problèmes récurrents
Confronté à une dépréciation sans précédent, Harare avait abandonné le dollar zimbabwéen en 2009, le remplaçant pour un temps par le dollar américain. La devise nationale avait finalement été réintroduite en 2019, mais l’hyperinflation actuelle pousse le gouvernement à chercher des alternatives, comme le recours à l’or.
Les pièces d’or Mosi-oa-Tunya avaient ainsi été créées en 2022, pouvant être utilisées comme monnaie d’échange.
Côté agriculture, le pays retrouve cependant des couleurs, après des décennies à payer les pots cassés de réformes agraires incohérentes. Le pays a notamment connu des récoltes de blé record en 2022, ce qui pourrait même lui permettre de redevenir exportateur. Même refrain avec le maïs, dont les rendements pourraient bondir de 58% en 2023.
Source : Sputnik
3- "Le marché des BRICS peut défier le dollar"
En cas de mise en place d’une monnaie unique, le groupe des BRICS pourrait être en mesure de concurrencer le dollar, a expliqué à Sputnik l’économiste centrafricain Loïc Molambo Sambi. L’Afrique aurait sa carte à jouer dans ce monde en mutation.
Alors que les candidats se bousculent au portillon des BRICS, la Tunisie étant le dernier en date à avoir montré son intérêt, certains se demandent jusqu’où le groupe pourra bousculer l’hégémonie occidentale.
Les cinq (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) sont en effet de gros exportateurs de matières premières et sont soumis aux aléas de la devise américaine, dont ils pourraient être tentés de s’éloigner, rappelle à Sputnik l’économiste centrafricain Loïc Molambo Sambi. Mais pour mettre sur pied un modèle alternatif viable, il faudra passer par l’instauration d’une nouvelle monnaie commune.
« Les BRICS ont souvent été touchés par les fluctuations du dollar américain. Vu le poids que représente le groupe dans l’économie mondiale, le marché des BRICS peut défier le dollar si les pays membres s’accordent sur une monnaie unique pour réaliser les opérations internationales », explique ainsi l’expert.
Si aucun terrain d’entente n’est trouvé pour instaurer cette devise unique au sein des BRICS, la dédollarisation pourrait alors emprunter la voie du yuan, déjà de plus en plus utilisé dans les échanges internationaux, affirme encore Loïc Molambo Sambi. La piste des cryptomonnaies décentralisées, comme le Bitcoin ou l’Ethereum, pourrait aussi être explorée.
Des opportunités pour l’Afrique
Dans ce monde en mutation, l’Afrique pourrait avoir des opportunités à saisir, mais les pays du continent devront prendre certaines décisions clefs, explique par ailleurs Loïc Molambo Sambi. Les pays du continent devraient en particulier renforcer leur palette de devises, en nouant de nouveaux partenariats commerciaux avec les pays asiatiques ou d’Amérique latine qui n’utilisent pas le dollar.
« La première étape pour les pays africains est de commencer à diversifier leur portefeuille de devises. Ils doivent être prêts à renforcer leurs échanges commerciaux avec d'autres partenaires, en particulier ceux qui utilisent des devises autres que le dollar américain », explique ainsi l’économiste.
Un renforcement du secteur bancaire est également nécessaire pour offrir des financements alternatifs aux entreprises, leur permettant de se protéger contre les fluctuations des taux de change. Enfin, un travail commun sur une monnaie unique africaine pourrait là encore renforcer la place du continent sur l’échiquier économique mondial, affirme Loïc Molambo Sambi.
Le continent a d’ailleurs tenté l’expérience avec l’Eco, censée devenir la devise unique des pays de Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Mais le projet a été plusieurs fois reporté et son lancement ne devrait désormais pas avoir lieu avant 2027.
Même refrain pour la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC), qui rencontre elle aussi des problèmes avec son projet de monnaie commune.
Source : Sputnik
4- Avec la fin du dollar, les États-Unis n'auront plus rien à perdre, avertit une experte
Dans cette nouvelle édition de L’Afrique en marche, l’économiste française Hélène Clément analyse la dynamique de la dédollarisation de l’économie mondiale dans le contexte de la crise bancaire actuelle. Elle estime qu’elle doit se faire en douceur pour éviter que la guerre monétaire mondiale ne se transforme en guerre militaire.
La panique bancaire actuelle témoigne plus que jamais d’une situation qui ne cesse de se compliquer pour les banques centrales.
« À cause du risque inflationniste qui était grand et validé notamment par l'accroissement des prix énergétiques, les diverses difficultés apparues dans le système financier, sur fond d’une sous-estimation des capacités de résilience de l’économie russe, ont provoqué la rupture de l’équilibre précaire qui régnait dans l’économie réelle », affirme à Radio Sputnik Afrique l’économiste Hélène Clément, soulignant qu’« on injecte pas des milliers de milliards de dollars dans le système sans qu’il y ait un risque de poussée inflationniste ».
Tout en indiquant qu’elle ne voit pas comment les banques centrales pourraient s’y prendre pour régler cette situation, Mme Clément estime que ces dernières « apportent des réponses traditionnelles en augmentant, dans une fuite en avant, les taux d‘intérêts, pratiquant en même temps une sorte de censure du débat économique, qui se trouve remplacé par de la communication simpliste et souvent erronée ».
Les États-Unis avaient construit un monopole de l'utilisation du dollar comme monnaie de référence dans tous les échanges mondiaux, validé d'une certaine manière par de la dette américaine, explique la spécialiste. Donc, selon elle, « si le dollar n'est plus utilisé comme avant dans les échanges, ceci provoquera certainement un déséquilibre flagrant ».
« Cette situation de concurrence dans les systèmes de paiement et dans les systèmes de réserve est ce qui remet en cause le système étalon dollar qui a été bâti depuis la fin du XIXᵉ siècle aux États-Unis vis-à-vis du reste du monde et qui a été affirmé dans les accords de Breton-Woods », souligne-t-elle.
Et de conclure : « Cette dynamique est visible, mais il ne faut pas non plus qu'elle soit trop brutale parce qu'effectivement, à un moment donné, les États-Unis n'auront plus rien à perdre, ce qui pourrait mener à des dérapages guerriers aux risques incalculables pour toute l’humanité ».
Source : Sputnik